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Quelle place pour les nouvelles technologies dans l’éducation ?

Alors que nous vivons dans une période de profondes mutations technologiques, de quelle manière celles-ci vont-elles impacter l’éducation ? Quels sont les nouveaux défis posés par ces changements ?

Réalité virtuelle et robots dans les salles de classe

Des élèves installés dans une salle de classe, un casque de réalité virtuelle sur les yeux. Des robots-professeurs ? Pour l’instant, ces réalités sont encore loin de la majorité des élèves. Pourtant, peu à peu à peu, ces technologies innovantes commencent à arriver dans les salles de classe.  Des architectes ou encore des médecins s’entraînent déjà dans les univers virtuels. Les robots arrivent aussi même si de façon plus mesurée. La réalité virtuelle arrive elle déjà massivement. A l’Université Georgia Tech, des élèves peuvent discuter avec Watson, l’intelligence artificielle d’IBM. Elle est aussi utilisée dans le cadre de l’apprentissage profond ou encore de la personnalisation de la formation.

C’est dans cette même logique, qu’il faut poursuivre la mutation du contenu de l’enseignement entamée depuis quelques années. Apprendre aux enfants l’informatique, à coder mais aussi la « pensée informatique ». De plus en plus de spécialistes considèrent celle-ci comme un nouveau savoir fondamental, au même titre que livre, écrire ou compter. Connaître ses limites mais aussi celles des machines. Cela permet de comprendre un problème efficacement et de s’interroger sur la meilleure façon de l’appréhender. « Penser informatiquement, c’est reformuler un problème apparemment difficile en un problème que nous savons résoudre, par exemple par réduction, par plongement, par transformation ou par simulation » explique Jeannette Wing, professeur d’informatique à l’Université Carnegie Mellon.

Toutefois, cette approche utopique semble parfois encore bien loin des réalités du terrain. Philippe Roederer, Inspecteur de l’Education Nationale explique qu’avant d’installer des ordinateurs partout, il faudrait déjà s’assurer que les prises électriques fonctionnent. Il est ici nécessaire de réaliser une vraie logique d’investissement afin de mettre tous les élèves sur un pied d’égalité. Dans le cas contraire, la fracture numérique souvent présente au domicile, se trouverait répercutée dans l’école. Imaginons, un élève issu d’une zone défavorisée et dont le collège ou le lycée ne bénéficie d’aucun équipement numérique. A l’heure d’entrer à l’université, il se trouverait alors largement désavantagé par rapport à un élève venant d’une zone plus classique.

Une remise en question du rôle de l’enseignant

Le second grand défi pour l’éducation dans les prochaines années est sans aucun doute la place de l’enseignant. Le développement d’Internet a causé une première mutation du rapport au contenu avec l’arrivée des encyclopédies numériques et de l’usage intensif des smartphones en classe.  Aujourd’hui, ce sont les enseignants qui se retrouvent au cœur du débat. Deux camps s’opposent. Le premier veut perdurer dans une logique de transmission de savoir. Le second souhaite une mutation vers un rôle d’accompagnateur, de facilitateur d’accès à l’information.

Bien sûr, pour certains, même cette dernière position n’est pas suffisante. Il faudrait ainsi « une école sans prof, considéré comme un ennemi au sens où il bride la créativité des élèves ». Les mots sont de Nicolas Sadirac, le fondateur de 42, l’école aussi financée par Xavier Niel, le PDG de Free. La logique est là celle de l’auto-apprentissage mais aussi de l’émulation entre élèves. Dans cette école, on laisse aussi la part belle aux algorithmes dans la gestion de la scolarité. C’est ainsi un logiciel qui propose les cours en fonction des résultats. Adieu conseils d’orientations ? « On laisse faire les choses, on récupère les données et on traite le hasard pour en déduire des chemins », conclut Nicolas Sadirac.

Comment les écoles vont-elles appréhender ces différents éléments ? A l’heure actuelle, des tentatives existent en France et ailleurs dans plusieurs directions à la fois. Il faudra sans doute attendre encore quelques années avant qu’un consensus ne se dégage.